Mon employeur a organisé un yakatabune (屋形船) à l'occasion du feu d'artifice de la baie de Tokyo. Voici donc l'occasion de connaitre deux plaisirs typiquement nippons : le yakatabune bien sur et les feux d'artifice du mois d'aout.
Un yakatabune, en décomposant les kanji, signifie bateau (船fune) en forme (形kata) de boutique (屋ya), ou plus concrètement un croisement entre un bateau-mouche et un izakaya (restaurant à tapas japonais) avec tatami, karaoké, et alcool a volonté. Le bateau est composé d’une pièce principale toute en longueur en tatami, avec une longue table au milieu, avec fusuma coulissants masquant des cuisines à l’arrière.
On tient difficilement debout à l'intérieur du bateau, ajoutez à cela la chaleur de ce jour d'aout (37 degrés), l'alcool à volonté et les quelques remous dans la baie de Tokyo, et vous comprenez le teint verdâtre de Yumi, la nouvelle secrétaire qui a souffert durant les cinq heures de la traversée.
Ce décors n'a que peu change depuis 400 ans, la longue perche qui servait à le diriger a disparu au profit d'un moteur et le karaoké a remplacé la scène qui accueillaient les chanteurs et conteurs chargés de distraire l'aristocratie.
"Feux d'artifice à Ryogoku", Hiroshige (1797/1858), Aout 1856
Les feux d'artifice sont impressionnants au Japon par leur durée, en général 1h30. On peut en voir à Tokyo tout au long du mois d'aout. Ils démarrent des 19h. Et oui, les longues soirées estivales à la lumière du jour nous manquent ici. Mais les feux d’artifices estivaux me plaisent surtout parce que nombreux sont les tokyoïtes, femmes et hommes, qui vont les admirer en yukata (kimono d’été en coton).
Apres les feux d’artifice et pendant tout le temps de la traversée retour, nous avons droit au karaoké. Plusieurs collègues ont chanté en japonais, anglais et même français (« la vie en roses », en général le seul titre disponible dans la langue de Molière), seul ou en couple. Avec Vincent nous ne nous sommes pas lancés mais nous serons prêts pour l’année prochaine. Les repet’ ont déjà commencé dans notre salon…
par Nasrine
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