Depuis janvier 2006...

Une expatriation rêvée et réalisée a deux au pays du soleil levant, par Nasrine et Vincent.
 
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Vendredi 17 février 2006
J?ai passé quelques jours à HongKong pour le travail, et donc sans Vincent. Ce fut l?occasion de sentir l?atmosphère de cette autre mégalopole asiatique, qui est tout de même à cinq heures de vol de Tokyo.
 
C?est une ville très impressionnante, pleine de tours majestueuses et futuristes, à la végétation tropicale, avec la mer comme passerelle entre les quartiers. Elle ne compte pas moins de 7213 gratte-ciels. La densité de gratte-ciels de HongKong est plus élevée que celle de New York. Malgré cette "forêt" de buildings, la ville au sens large reste composée à 70% d'espaces verts.
 
 
Les bureaux de mon employeur se trouvent au « Two I.F.C. » (International Finance Center 2). C?est de loin la plus haute tour de la ville et la 4eme plus haute tour au monde : 420 mètres de haut, soit 88 étages. Elle a été conçue par César Pelli, et achevée en 2003 après trois et demi de construction. Sa proximité de la mer - la tour est construite sur des terres récupérées sur l'océan ? la transforme en phare extraordinaire.
 
Cette tour referme la plupart des banques internationales et des hedge funds basés en Asie, ainsi qu?un centre commerciale avec les plus grandes marques. En réalité, la plupart des grands buildings de bureaux contiennent dans leurs plus bas étages des boutiques plus luxueuses les unes que les autres. Et on peut naviguer d?un centre commercial à l?autre sans jamais voir le soleil, en naviguant dans un monde de shopping opulent.
 
On trouve encore partout trace de la récente fête du nouvel an : décorations rouges et petits arbustes d?agrumes ornent les entrées des tours. Cette atmosphère de joie et la douce température de l?hiver (17 a 20º) font des premiers mois de l?année la saison la plus agréable de l?année.
 
 Ce fut mon deuxième séjour à HongKong, mais je n?ai pas eu le temps d?approfondir beaucoup ma connaissance de cette ville. Je n?ai pas pris de week-end sur place puisque le lendemain de mon retour, nous avons emménagé dans notre nouveau chez-nous ! J?ai tout de même assisté à un spectacle impressionnant : les laveurs de vitre du 2 IFC en plein travail.
J?étais venue une première fois en novembre pour mon entretien d?embauche (réussi donc), et j?avais pu voir quelques jolis sites de la ville.
 
  • Le « peak » : un des point de vue de la ville auquel on accède en tram, 360º de vue à 396 mètres d?altitude.
  • Petit tour à KowLoon de l?autre cote du bras de mer : 8 minutes de ferry et on arrive dans un univers un peu moins lisse.
par Nasrine publié dans : fou2japon
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Dimanche 5 février 2006
 Alors que les japonais sont passés à l’année du chien le 1er janvier, les communautés chinoises du monde entier ont fêté le nouvel an dimanche 29 janvier. C’était l’occasion d’aller visiter le fief de la plus grande communauté chinoise au Japon : Chinatown (Chuka Gai en japonais) à Yokohama, Tokyo n’ayant pas de quartier chinois.
 
Yokohama, situé 30 Km au sud de Tokyo, est la 2ème ville japonaise avec 3 millions d’habitants. Ce grand port est l’un des premiers à s’être ouvert au monde en 1859, lorsque le Japon est sorti de son isolement. C’est alors que des chinois ont commencé à construire ce qui allait devenir la plus des Chinatown japonaises, et l’une des plus grandes au monde.
 
 
Le quartier chinois s’étend sur environ 300 m2 dans la vielle ville de Yokohama. Il est délimité par une dizaine de portes construites selon l’horoscope chinois, appelées Pairo. Chaque dieu protecteur et chacune des quatre directions (Nord, Sud, Est, Ouest) selon le principe du Yin et du Yang a sa porte.
 
Aujourd’hui, la population chinoise de Chuka gai ne compte plus que 2700 personnes. Les plus vieilles familles sont présentes depuis 5 ou 6 générations. Mais ce quartier regroupe plus de 500 restaurants chinois, épiceries et autres boutiques qui en font une étape charmante et dépaysante.
La couleur dominante est le rouge, présente partout pour porter bonheur pour la nouvelle année.
En ce jour de nouvel, Chinatown est pleine de passants de toutes origines se baladant dans les petites rues fermées à la circulation. Les queues sont impressionnantes devant les restaurants de spécialités de Canton, de Shanghai ou de Pékin. J’ai moi-même essaye une des deux mets présents partout dans les rues :
  • les marrons (pas très exotiques, mais il faut noter le matériel ultramoderne pour les chauffer avec rotative incorporée) ;
 
  • les « nikuman », nom japonais (niku=viande) donné à une spécialité chinoise qui consiste en un chausson à la vapeur de pâte a pain pas très cuite fourré d’un mélange dans lequel j’ai reconnu de la viande et des champignons.

Au milieu de Chinatown, on peut trouver son trésor et symbole : Kanteibyo, un temple construit en 1873 par les résidents, dans lequel est adorée le dieu des affaires Kanwu.
Trop de monde pour faire ma prière du dieu business ! Je suis donc allée écouter un concert de musique traditionnelle pour clore cette promenade chinoise.
Bientôt à HongKong...
par Nasrine publié dans : fou2japon
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Samedi 28 janvier 2006
 
Voici mes premières réflexions sur la place de la femme dans la société japonaise, qui évolueront sûrement au fur et à mesure de notre immersion. (Je demande à Maiko d’être indulgente)
 
Lors de son discours d’ouverture de la session annuelle de la Diet (le 20 janv.-06), le premier ministre Koizumi a indiqué que son gouvernement préparait un projet de loi permettant aux femmes l’accession du trône impérial. Serait-ce le signe d’une révolution au pays du soleil levant ?
  
 

Deux maiko (apprenties geisha) à Kyoto, avril 2004, lors de notre 1er voyage au Japon (Dédicace pour Sébastien, fan de Madame Butterfly)

 

 

 

 

 

 

En arrivant d’occident avec tous nos clichés, depuis l’image ancienne de la geisha, experte dans l’art de la séduction subtile, à celle plus récente de la femme au foyer docile et muette, il est difficile de se faire une idée du degré de liberté et d’émancipation des japonaises. Et je peux difficilement conclure quoique ce soit de ma propre expérience, puisque primo je suis une gaijin (étrangère), et secundo j’ai toujours évolué dans un environnement professionnel masculin, dirigé par des hommes (c’est tout autant le cas à Tokyo qu’à Paris).

Mais ce qui est assez paradoxal, c’est que mes copines tokyoïtes non japonaises m’ont plutôt évoqué la liberté qu’elles ressentent ici : elles peuvent se balader partout et à n’importe quelle heure en toute sécurité, sans jamais se sentir jugée ou épiée et ce quelle que soit leur tenue.

Par contre, on remarque vite que pèse sur les épaules des femmes japonaises une série de conventions sociales, bien plus pesantes que pour les hommes. Elles doivent respecter un code la féminité : avoir une certaine façon de s’exprimer, utiliser un vocabulaire précis, garder un comportement social discret et mesuré. Et partout on lit ce dilemme cornélien de la femme japonaise : travailler ou se marier et avoir des enfants, choix inconciables au Japon. Et c’est vrai que les femmes japonaises de mes collègues sont toutes femmes au foyer.
 
J’ai été très étonnée de lire que cette figure de ménagère est relativement récente, puisque comme le souligne la sociologue Ochiao Emiko, elle n’est devenue majoritaire qu’à partir de 1945. C’est avec l’arrivée des normes bourgeoises américaines de l’époque que s’étend le modèle de la femme au foyer, preuve de réussite sociale dans la classe moyenne. Le hic, c’est que la japonaise sort bien plus lentement de son carcan domestique que l’occidentale.
 
Une loi sur l’égalité des chances dans l’emploi a été votée en 1986. En conséquence, deux filières de promotion ont été créées au sein des entreprise : celle des employés souhaitant faire carrière au sein de l’entreprise et celle de ceux appelés a la quitter. Evidemment, peu de femmes accèdent á la première. De plus, la loi a eu pour effet pervers la perte des protections dont bénéficiaient les femmes (heures supplémentaires, travail de nuit) !
 
 
 Neanmoins, les chiffres démontrent une vraie évolution de la population active depuis une vingtaine d’années. Entre 1980 et 1996, le nombres de salariées a doublé. Et en 2003, les femmes représentaient la moitie du salariat. Et pour demain, avec une population en décroissance (et ce pour la première fois en 2005), et le manque de main d’œuvre importée (malgré notre arrivée !), le Japon devra sûrement puiser dans sa population féminine fortement qualifiée.
 
 
 
 
 
 
Chanteuse de rock rencontrée a Harajuku, Tokyo en avril 2004

 

par Nasrine publié dans : fou2japon
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